"Grosso modo", pour parler comme à l'époque romaine - l'analogie suit - la fracture chère à notre président s'organise ainsi - du point de vue d'un citoyen ordinaire qui a les yeux ouverts - :
- D'un côté, une ou deux générations pourvues d'un âge certain et d'une expérience concommitante sinon consécutive : ce sont les générations du haut de la pyramide, qui vont au " train de sénateur ", engrangeant les revenus de la spéculation boursière, des bénéfices fantastiques du CAC 40, les plus-values de l'immobilier, les retombées du commerce du pétrole, renchéri car raréfié. Générations du pouvoir qui s'accomodent de la participation de leurs jeunes les plus proches, des couches moyennes inscrites dans leur orbite, des moins nantis qui croient que, sans cette organisation politico-sociale, demain sera pire qu'aujourd'hui - le syndrome de la " peur " manipulé de façon magistrale lors de la précédente présidentielle. C'est ce petit monde qui fait tourner le CAC 40 dont on sait que l'activité essentielle se situe " à l'international ".
- de l'autre côté, côté cave et sous-sol, les pénalisés du blocage des salaires, les travailleurs pauvres voire sans domicile, les familles mono-parentales où le travail, quand il y en a, est tellement précaire que payer son loyer, ou son chauffage, ou son eau, est une galère de tous les instants, les laissés pour compte d'une école fort peu clémente dans son esprit essentiellement concurrentiel, les cibles d'une consommation à crédit matraquée de publicités....
Bien sûr, ce n'est pas aussi simple et les inégalités ne datent pas d'hier, bien sûr il y a des conservatismes partout et de bons sentiments partagés. Mais comme disait quelqu'un des milieux d'affaires : " on vous offre l'Amour, occupez-vous en ; pendant ce temps nous ferons nos affaires ! " Et si ce n'est pas simple, il est donc urgent d'y réfléchir car on va bientôt passer de la situation complexe à la situation inextricable.