La courbe est la droite ligne du tout au rien. La courbure de la vie, cintrée comme fil d'acier, ployée sous la pression, physiquement se traduit dans la courbure du dos, écrasé sous le fardeau d'on ne sait quelles peines.
Enveloppé dans son blouson,terne, assis sur son blue-jean, en berne, il fixe le bout de ses chaussures au kilométrage illimité. Cheveux éparpillés mêlés à barbe grise, des poches sous les yeux, des valises, vides comme tant d'autres, il doit revivre le film de ces années passées où la chute programmée, inéluctable, accélérée, mène à l'appel tellement parlant, bien que muet : le béret béant où brille comme un leurre la pièce de dix francs, appel à d'autres leurres brillant comme l'argent.
Aux gueules béantes
De nos Institutions
Des mains se tendent
Fragiles et insistantes.
Elles appellent le regard
Absent de tous ces pions
Agités sur l'échiquier
De la Vie et qui agitent
Au fond de leurs poches cousues
Le métal aussi froid
Qu'une vaine compassion
D'Indifférence altérée.