Parviendrons-nous un jour à trouver le bon réglage pour pallier ce double dysfonctionnement qui nous caractérise, contradiction non clarifiée donc paralysante ( quand on ne peut ni fuir ni attaquer, on est dans l'inhibition du "faire" ) :
la France est une société collectiviste individualiste où s'affrontent les envies de profiter des bienfaits d'organisations collectives issues de notre histoire commune et des luttes de travailleurs, organisations d'ailleurs souvent confisquées par de petits groupes de notables à dominante administrative et de "petit pouvoir", et la revendication individualiste de ceux qui " veulent leur droit " même aux dépens de celui des autres.
Comme ce type de société est par essence conservatrice et peu mobile ( la démographie actuelle encourageant plutôt à la préservation ), une place royale est faite à ceux qui se la jouent " amour et sécurité " en assénant à force de médias des allégations sécurisantes en forme de vérités révélées.
Ainsi de la façon de régler nos difficultés de vie commune en assurant que par le biais de la police, de la justice et d'une répression omni-présente, on va adoucir ce que nos contacts humains ont de rugueux. Ainsi de la santé quand la médecine officielle retranche frileusement de ses préoccupations la médecine de prévention par une lutte opiniâtre contre l'homéopathie ou l'ostéopathie, par exemple, ou quand elle joue du médicament comme la solution magique à tous nos maux. Ainsi des manipulations génétiques dont on veut nous assurer qu'elles sont en cours d recherche pour " le bien de l'humanité". Ainsi du potentiel nucléaire dont on occulte vigoureusement les aléas des déchets.... et combien d'exemples ainsi pour dire que la manifestation parfois d'un état de doute, de vraie incertitude, l'aveu que nous sommes loin d'avoir tout compris, que les voies dans lesquelles nous nous engageons ne sont peut-être pas les meilleures, ne nuiraient pas à notre santé mentale en ouvrant largement le débat.
Car enfin, savants, chercheurs admettent volontiers que science et doute vont de pair : pourquoi pas les politiques ?
Oui, mais, dit-on, " c'est la nécessaire prise de risque" : qui paie cette prise de risque ?
Au lieu de vouloir constamment rassurer par la "positive attitude", l'humour et la tendresse, introduisons de la justice dans le débat.