Sur le fil ténu de son existence, à mi-chemin d'un parcours sans limite, l'acrobate joue de son déséquilibre.
De fins pinceaux de lumière froide s'agrippent à ses certitudes.
Avançant d'un pas, et le balancier au creux de ses paumes, comme un point d'ancrage, il sent l'attirance d'un objet visible de lui seul.
Cet objet est-il... devant ? ou derrière ? A côté, ici ou là ? Au dessus, en bas ? Est-ce lui qui tend ce halo de lumière accroché au coeur, au goût de tendresse ? N'est-ce pas celui qui crie au danger ? ou encore celui qui, de la tristesse, marque l'empreinte horrible d'une envie de tomber ?
L'acrobate serre,contre lui, le balancier. Le vertige l'atteint, le froid l'envahit. Tiraillé par ci, par là, son appel à vivre jaillit dans son cri, et mille cris, d'une même voix, emplissent sa tête.
Ce faisceau sonore vers sa détresse converge, brisant en morceaux, faisant voler en éclats les lumières menteuses, mirages offerts à son vain espoir.
Il avance d'un pas, puis d'un autre encore, assurant son corps sur sable mouvant pour rejoindre ceux qui de leur pas lent, s'avancent pour ne plus faire avec lui qu'un seul cri de vie.
Vous demanderais-je d'aller voir le film de M. Haneke : " Caché " , du vrai cinéma qui en dit long sur chacun d'entre nous.