D'aucuns disent que " faire de la politique, c'est se choisir un ennemi " , autrement dit la " politique du bouc-émissaire " : les récents événements banlieusards ont montré comment un homme politique peut exceller en la matière. Mais c'est une attitude totalement contraire à une autre que l'on pourrait souhaiter : l'attitude de l' " engagement constructif ".
Dans la première hypothèse citée, ce que l'idéologie, le patriotisme ou la religion unissaient ( le lien des communautés nationales ) est remplacé par " la PEUR ", peur de l'autre différent ( vague et mouvant ), peur de l'avenir et de la précarité, peur de l'instabilité, du mouvement ( arrêter tout ce qui bouge ! )
Et puis d'autres disent : " en France, il faudrait que ça bouge, on prend du retard ! " Que ça bouge, ben tiens ! bien sûr ! mais dans quel sens ? Si c'est le sens connu du productivisme, de la compétition pour l'avoir, de la conso comme objectif de vie, alors là ! stop ! il vaudrait mieux arrêter tout de suite, on va dans le mur : pic pétrolier, changements climatiques, épuisement des ressources de la planète, retour à la barberie pour la maitrise de l'énergie, de l'eau.... Si c'est pour nous engager dans un sens nouveau qui offre la garantie de l'intelligence, intelligence de l'état de la planète, intelligence des inégalités de développement, intelligence de la recherche pour de nouvelles voies d'accès à une humanité " en progrès ", alors, là, on est dans l'attitude de l' " engagement constructif ", du refus de la peur paralysante.